Le daltonisme, un réel handicap


Quelques centaines de milliers de personnes "souffrent", en France, de daltonisme

1 / Comment voient les daltoniens ?
2 / les couleurs percues par les daltoniens
3 / Détecter le daltonisme

1 / Comment voient les daltoniens ?

Tableau de Gauguin (Ta Matété) reproduit par une personne dont la vision des couleurs est normale
Le même tableau, reproduit par une personne daltonienne. Les couleurs chaudes sont rendues par du jaune quand elles sont claires, par du brun lorsqu'elles sont foncées. Les couleurs froides, par du bleu. Le rouge et le bleu-vert sont perçues "sans couleur" et rendus par des nuances de gris.

Le même tableau reproduit par une personne daltonienne qui a utilisé les couleurs "confondues", c'est-à dire celles qui, sur le cercle des couleurs ci-dessous sont équivalentes (le rouge et le bleu-vert, l'orange et le vert).

 

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2 / Les couleurs percues par un daltonien

A gauche : répartition circulaire des couleurs chez une personne normale ; à droite, chez une personne daltonienne.

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3 / Détecter les anomalies de vision des couleurs

a / La vision trichromatique

Cent millions de cellules à bâtonnets et six millions de cellules à cônes (cellules photo réceptrices de la rétine) pour fournir au cerveau les informations lui permettant de contruire l'environnement visuel dans lequel évolue l'individu. Ce sont les cônes qui permettent de voir les couleurs. Chez l'homme normal, la vision colorée repose sur la présence des cellules à cônes qui renferment un pigment sensible soit au rouge, soit au vert, soit au bleu, déterminant chacun une famille de cônes. D'où trois familles de pigments sensibles globalement au radiations "visibles" (du violet foncé au rouge lointain) chacun présentant un maximum de sensibilité pour une radiation lumineuse donnée : les cellules à cônes sensibles au bleu absorbent les radiations lumineuses bleues mais aussi des radiations lumineuses "autour" de cette couleur -le maximum d'absorption se situe pour une longueur d'onde de 420 nanomètres (1 nm = 1 millionième de millimètre) ; les deux autres types de cellules à cônes traitent de façon optimale les longueurs d'onde centrées autour du vert (540 nm) et du rouge (560 nm). Chaque rayonnement lumineux déclenche trois signaux spécifiques à ces familles de cônes, et c'est de la juxtaposition et comparaison des informations que notre cerveau tire de ces signaux qui nous permet de voir en couleurs. Ainsi peut-on voir toutes les couleurs d'un moniteur d'ordinateur ou un téléviseur alors que la matrice de l'écran ne comporte que des éléments d'image (ou pixels), rouge, bleu et vert…
[la théorie du trichromatisme a été énoncée dès 1802 par le médecin anglais Thomas Young, et reprise plus tard par le physicien et physiologiste allemand Hermann von Helmholtz.]

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b / La vision trichromatique est parfois perturbée.

Huit pour cent des hommes sont concernés par une anomalie de la perception des couleurs appelée daltonisme, contre seulement 0,4 % des femmes. Le daltonisme est une atteinte entrainant la confusion entre certaines couleurs, par exemple le rouge et le bleu-vert (sa couleur complémentaire) - l'individu ne différencie pas le vert du rouge !, ou entre le vert et le magenta (rouge + bleu). Il est dû à un dysfonctionnement rétinien, précisément à l'absence totale d'un pigment, en général celui sensible au "vert" ou au "rouge", plus rarement au bleu. Leur vision devient alors dichromatique et il leur est impossible de différencier les couleurs qui normalement sont prises en charge par le pigment absent . (Moins radicale, une altération de l'un des pigments entraîne une difficulté de perception des nuances.)

 

Toutefois, les daltoniens ne confondent jamais les teintes qu'ils perçoivent : le jaune, le bleu et le gris. La discrimination des teintes est anormale par rapport au sujet à vision "normale", mais celle des clartés et des saturations est correcte, ce qui leur fournit un moyen de différencier les couleurs : soit par leur clarté (le jaune est plus clair que le violet), soit par leur saturation (un jaune réel n'est pas confondu avec un orange car ce dernier apparait comme un jaune délavé, alors que le "vrai" jaune apparait vif) .

Les ronds gris correspondent dans le cas d'une vision humaine normale au rouge (en haut) et au bleu-vert (en bas).

Le test d'Ishihara permet de détecter le daltonisme).
   
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c / Un peu de génétique…

Le daltonisme (vient du nom du physicien et chimiste anglais John Dalton,1766-1844, dont la rétine ne présentait que deux types de pigments), est une anomalie héréditaire, sous le contrôle de trois gènes. Les gènes sains (chaque gène montre une ou des variations appelées allèles) s'expriment sous la forme des trois pigments évoqués ci-dessus. Les allèles pour le rouge et le vert sont localisés sur le chromosome sexuel X. Or, chez l'homme, la paire de chromosomes sexuels est constituée d'un X et d'un Y, les femmes possédant une paire de chromosomes X. Chez ces dernières, une anomalie sur l'un des chromosomes X est souvent compensée par l'allèle sain, dominant, sur l'autre X (si l'individu est hétérozygote). Chez l'homme, le Y ne porte pas d'allèle : si l'allèle muté est présent il s'exprime. Le gène qui permet la synthèse du pigment sensible au bleu est situé sur le chromosome n° 7 ; les variations (allèles) sont plus rares.

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