LES FEMMES D’ALGER DANS LEUR APPARTEMENT - 1834

Huile sur toile 180 x 229

Souvenir du voyage au Maroc

Les Femmes d’Alger dans leur appartement est la première grande toile de Delacroix inspirée par les souvenirs du voyage que le peintre fit au Maroc en 1832. Il reprendra le sujet en 1848, dans une œuvre conservée au musée Fabre de Montpellier. Lors de son exposition au Salon de 1834, la critique l’accueillit favorablement. Très à propos, le critique Gustave Planche, notait bien qu’il s’agissait d’une peinture "réduite à ses seules ressources, des couleurs et des formes dans l’espace". En effet, ni peinture d’histoire, ni portrait, ni scène de genre, l’œuvre pourrait être apparentée avec certains portraits de genre flamands.

La science du coloriste

Les Femmes d’Alger dans leur appartement est un des tableaux où Delacroix pousse le plus loin ses recherches sur la couleur et le travail de la touche. Ainsi le coussin, sur lequel s’appuie la jeune femme à gauche du tableau, est-il un merveilleux morceau de peinture pure, enchevêtrement de couleurs qui prennent toute leur signification avec l’éloignement de l’œil. Théophile Gautier attirait l’attention sur l’art et la science du coloriste, un art qui permet à Delacroix d’obtenir une harmonie chromatique et de jouer sur les moindres détails : le vert rehaussé des motifs jaunes du pantalon de la femme de droite, la doublure vert-bleu du corsage rouge-orangé de la femme de gauche, le jaune du foulard exalté par les rayures rouges, le contraste vibrant du blanc et du noir agrémenté d’une rose.

Le voyage au Maroc

Le voyage au Maroc en 1832 constitue pour Delacroix une étape essentielle de sa création, apportant un renouvellement de ses sources d’inspiration et renforçant son intérêt pour les phénomènes lumineux et les recherches de coloris. Il rapporte de ce voyage de nombreux carnets de croquis, qui lui inspireront jusqu’à sa mort des tableaux à sujets orientalistes, pleins de lumière et de couleurs.

Salon de 1834

Le plus célèbre fut sûrement les Femmes d’Alger dans leur appartement, peint pour le Salon de 1834 et qui inspira jusqu’à Manet dans son Olympia et Pablo Picasso dans sa longue série de variations sur les Femmes d’Alger. Ce tableau fut acquis par l’État pour le musée du Luxembourg à l’issue du Salon de 1834.

© [Louvre.edu] Vincent Pomarède

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