Eugène DELACROIX (1798 - 1863)

Formation

Enfant de Charles Delacroix, haut fonctionnaire de la Révolution et de l’Empire, et de Victoire Œben, fille du fameux ébéniste de Louis XVI, Eugène Delacroix a été orphelin de père en 1805 et de mère en 1814. En 1817, il entre dans l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin, côtoyant Géricault, les frères Scheffer ou le paysagiste Paul Huet.

"Les hommes supérieurs sont naturellement novateurs", écrit-il, se passionnant pour les écrivains aimés des romantiques: Shakespeare, l’Arioste, Dante, Byron et Gœthe. Parmi les peintres contemporains, il apprécie alors Gros, Géricault et les paysagistes anglais, tels Constable et son ami Bonington.

Un artiste de référence

Personnalité d’une rigueur et d’une honnêteté artistiques parfaites, Delacroix est un des artistes de référence de son temps, par sa liberté de facture, ses recherches sur la couleur et son sens de la lumière. Lui-même, toujours en recherche de formes d’expression nouvelles, a cependant trouvé dans l’œuvre des grands peintres classiques des exemples qu’il sait adapter aux enjeux esthétiques de son époque.

Solides appuis politiques

Disposant de solides appuis dans les milieux politiques, il obtint de nombreuses décorations au musée du Louvre (Apollon vainqueur du serpent Python, un plafond dans la galerie d’Apollon), à l’Hôtel de Ville de Paris, au Sénat ou au Palais- Bourbon. Il peint également de grandes compositions historiques, telles la Prise de Constantinople par les croisés et la Bataille de Poitiers (Paris, musée du Louvre) ou la Bataille de Nancy (Nancy, musée des beaux-arts), trouvant également ses sources d’inspiration souvent dans la littérature.

Chef de file de l’école romantique

Peu à peu devenu, avec ses tableaux exposés aux Salons de 1822 (Dante et Virgile) et 1824 (les Massacres de Scio), chef de file de l’école romantique, l’adversaire d’Ingres et des classiques, Delacroix se lie avec toute une génération : Stendhal, Hugo, Dumas, Mérimée, Chopin, George Sand, Barye ou Delaroche. Son tableau de 1830, la Liberté guidant le peuple, engagement politique pour la Révolution des Trois Glorieuses et l’avènement de Louis-Philippe, resserre encore ses liens avec la génération romantique.

Un artiste protéiforme

Delacroix est-il un " pur classique ", comme il se définissait lui-même, aimant Raphaël tout autant que Rubens et s’inspirant de Le Brun comme de Véronèse ? Ou bien fut-il un être tourmenté et romantique, suiveur du réalisme et de la violence de Géricault, génie solitaire créant dans la souffrance des tableaux violemment colorés ? En fait, l’œuvre de cet artiste protéiforme est délicate à appréhender tant elle est variée, parfois contradictoire, spontanée dans sa touche mais longuement mûrie dans ses sources d’inspiration. Le musée du Louvre, qui conserve une soixantaine d’œuvres de Delacroix, est sûrement le meilleur lieu au monde pour comprendre son œuvre.

© [Louvre.edu] Vincent Pomarède

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