LA PRISE DE CONSTANTINOPLE PAR LES CROISÉS,
le 12 avril 1204
1852

Huile sur toile , 122,5 x 84,5 cm

        Parmi les grands tableaux, il est permis d’hésiter entre La Justice de Trajan et la Prise de Constantinople par les Croisés

[…] Mais le tableau des Croisés est si profondément pénétrant, abstraction faite du sujet, par son harmonie orageuse et lugubre! Quel ciel et quelle mer! Tout y est tumultueux et tranquille, comme la suite d’un grand événement. La ville, échelonnée derrière les Croisés qui viennent de la traverser, s’allonge avec une prestigieuse vérité. Et toujours ces drapeaux miroitants, ondoyants, faisant se dérouler et claquer leurs plis lumineux dans l’atmosphère transparente! Toujours la foule agissante, inquiète, le tumulte des armes, la pompe des vêtements, la vérité emphatique du geste dans les grandes circonstances de la vie !

Baudelaire, L’exposition universelle de 1855 - Eugène Delacroix

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