MÉDÉE FURIEUSE - 1838 - 1862

Huile sur toile 122,5 x 84,5 cm

Un assassinat sauvage

Le romantisme aime les passions poussées au paroxysme. C’est l’horreur qu’inspire le dénouement de l’histoire de Médée, coupable du plus monstrueux des crimes, l’infanticide. Le sujet a inspiré les tragiques - Eschyle, Sophocle, Euripide, Ovide, Sénèque, Lucain - aussi bien que les modernes, dont le plus célèbre est Corneille. Mais chez aucun de ces auteurs le meurtre des deux fils de Médée n’a lieu dans une grotte, comme dans le tableau de Delacroix. Voulait-il renforcer par là l’aspect sauvage, et partant inhumain, de cet assassinat?

Lors de la première exposition publique de la première version de l’œuvre, au Salon de 1838, l’œuvre est très remarquée.

Dans une antiquité revisitée

On admire la puissance expressive qui se dégage du corps de la magicienne, la vérité du caractère dramatique. Mais les détracteurs auraient voulu qu’à un sujet emprunté à l’Antiquité correspondît plus de grandeur et de beauté. L’auteur d’un article de la Quotidienne dénonce, par exemple, le souci de l’effet qui anime, selon lui, le peintre lorsqu’il laisse le haut du visage de Médée dans l’ombre. "On croirait au premier aspect que Médée porte un loup de velours comme ceux des dames de la cour d’Henri III ou de Louis XIV."

© [Louvre.edu] Vincent Pomarède

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