NOCE JUIVE AU MAROC - 1839

Huile sur toile 105 x 140,5 cm

Delacroix au Maroc

L’attirance pour l’Orient, apparue dès le milieu du XVIIIe siècle, se développa vers 1830 avec les voyages vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. À cette époque, l’esprit romantique, qui incitait l’homme à l’évasion, fut accompagné d’évènements historiques, comme la prise d’Alger. Le voyage au Maroc en 1832 constitue l’étape essentielle dans l’œuvre de Delacroix. Il rapporte de ce voyage de nombreux carnets de croquis, qui lui inspireront des tableaux à sujets orientalistes, pleins de lumière et de couleurs. Le plus célèbre, le plus sensuel, est sûrement les Femmes d’Alger dans leur appartement, peint pour le Salon de 1834.

Admiré de tous, sauf de Gavarni

L’équilibre de la composition, la justesse des contrastes de lumière et d’ombre furent admirés de tous. C’est la facture "à petits coups de pinceaux", l’apparence de la touche qui, une fois encore, heurte les sensibilités et provoque une exaspération que le caricaturiste Paul Gavarni énonçait ainsi aux Goncourt : "C’est du barbouillage de paravent... ça tient du torche-cul et du papier de tenture, nous sommes vraiment dans le Bas-Empire du verbe, dans le pataugement de la couleur..."

Musique et danse de mauvais goût

L’œuvre commencée en 1837 utilise des dessins et des aquarelles réalisés à Tanger le 21 février 1832, lors d’une noce juive à laquelle le peintre assista. Mais rien ne transparaît dans le tableau de l’incompréhension de Delacroix devant la musique et la danse qu’il jugea de très mauvais goût. Exposé au Salon de 1841, cet important tableau orientaliste fut acquis à l’issue du Salon par l’État.

© [Louvre.edu] Vincent Pomarède

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