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- Il arrive quelquefois que, même contre les principes, même contre la liberté,
l'égalité et la fraternité, même contre le vote universel, même contre le
gouvernement de tous par tous, du fond de ses angoisses, de ses découragements, de ses
dénûments, de ses fièvres, de ses détresses, de ses miasmes, de ses ignorances, de ses
ténèbres, cette grande désespérée, la canaille, proteste, et que la populace livre
bataille au peuple.
- Citoyens, vous représentez-vous l'avenir? Les rues des villes inondées de
lumières, des branches vertes sur les seuils, les nations surs, les hommes justes,
les vieillards bénissant les enfants, le passé aimant le présent, les penseurs en
pleine liberté, les croyants en pleine égalité, pour religion le ciel, Dieu
prêtre direct, la conscience humaine devenue l'autel, plus de haines, la fraternité de
l'atelier et de l'école
- Au point de vue politique, il n'y a qu'un seul principe la souveraineté de
l'homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s'appelle Liberté. Là
où deux ou plusieurs de ces souverainetés s'associent commence l'État. Mais dans cette
association il n'y a nulle abdication. Chaque souveraineté concède une certaine
quantité d'elle-même pour former le droit commun.
- Entendons-nous sur l'égalité; car, si la liberté est le sommet, l'égalité
est la base. L'égalité, citoyens, ce n'est pas toute la végétation à niveau, une
société de grands brins d'herbe et de petits chênes; un voisinage de jalousies
s'entre-châtrant; c'est, civilement, toutes les aptitudes ayant la même ouverture;
politiquement, tous les votes ayant le même poids; religieusement, toutes les consciences
ayant le même droit.
- Et l'on va devant soi, et, une fois engagé, on ne recule plus, et l'on se précipite
tête baissée, ayant pour espérance une victoire inouïe, la révolution complétée, le
progrès remis en liberté, l'agrandissement du genre humain, la délivrance
universelle; et pour pis aller les Thermopyles.
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