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L ycée Porte de Normandie - Verneuil sur Avre
Lycée Général, Technologique
et Professionnel

 

Du samedi 26 janvier au vendredi 8 février

 

Ecarts calligraphiques

Une exposition des oeuvres de Christian ZIMMERMANN


Discours d'inauguration :
P.E. Schmit, C. Zimmermann, G. Gasnier, L. Petiet

Dans l'enceinte de notre établissement (Espace Colucci, C.D.I. et salle des professeurs) ont été exposées des calligraphies, des peintures, des installations, des sculptures et des vidéos de l'oeuvre de Christian Zimmermann.

L'inauguration de cette exposition a eu lieu le samedi 26 janvier, en présence, entre autres, de l'artiste, du Proviseur, du Maire de Verneuil sur Avre, de M. Schmit (voir le discours ci-dessous), et de nombreux élèves...

Durant cette semaine, les élèves du lycée ont pu échanger et travailler avec Christian Zimmermann.

Discours prononcé par Pierre-Etienne Schmit, professeur de philosophie et référent culturel du Lycée Porte de Normandie, lors du vernissage de l’inauguration de l’exposition, le samedi 26 janvier 2013, un matin de neige.

« Là
tout simplement
sous la neige qui tombe »
Kobayashi Issa

Bonjour à toutes et à tous, merci d’être là auprès de ces œuvres.

Je voudrais tout d’abord remercier quelques personnes sans lesquelles cette exposition n’aurait pas pu voir le jour.

  • Monsieur Gahery et toute son équipe pour l’installation et la mise en place de l’exposition ;
  • Monsieur Gabarret pour son soutien ainsi que toute l’équipe de restauration ;
  • La municipalité de Verneuil-sur-Avre, pour le prêt du matériel, remercier également Julie Dautriche pour son aide précieuse et toujours très efficace ;
  • Monsieur Thomas Bréant parce qu’il sait garder grand ouvert son Centre de Documentation et d’Information ;
  • Monsieur Brice Dall’Agnol pour son exigence et son goût de l’investissement ;
  • Mademoiselle Marion Poix pour sa présence et son art graphique ;
  • Monsieur Gasnier pour avoir accepté d’accueillir cette exposition au sein de notre établissement ;
  • Remercier enfin et c’est bien peu Christian Zimmermann pour sa générosité qui nous permet d’entrer dans les Écarts calligraphiques.

 

C’est avec beaucoup de simplicité Christian Zimmermann que vous avez accepté ce projet d’exposition ; je ne sais comment vous en remercier car c’est pour moi, pour nous et pour tous les élèves du Lycée Porte de Normandie une grande joie que de voir exposées vos œuvres dans cet espace scolaire.

Avec elles, grâce à elles, nous ne nous contenterons pas d’un peu de miel de beauté, ou d’un simple écart de distraction.

Non, la puissance de vos œuvres, celle qui m’a invité à vous solliciter pour une exposition dans un établissement scolaire, c’est bien celle de nous retenir en questionnement. Vos œuvres n’imposent rien, elles tracent, elles ouvrent. C’est en nous ouvrant patiemment et entièrement à ce travail de la lettre, de la forme et du volume que nous pouvons creuser et partager la beauté de leur éclat.

 

Vos œuvres, Christian Zimmermann, conviennent ainsi à un espace scolaire, au loisir d’être et d’apprendre à être, apprendre à être attentif à la richesse, à la vie du sens, dans la mesure même où elles nous apprennent le sens de l’écart. Or, nous sommes bien souvent un peu à l’étroit, nous manquons d’écartement.

Les Écarts calligraphiques de Christian Zimmermann doivent nous conduire en ce point précis où notre propre rapport à la beauté et l’écriture – et donc au sens – peut être entièrement renouvelé.

La beauté n’est donc pas réservée à quelques-uns ; la beauté n’est pas écartée, ni même à écarter – au motif que certains ne sauraient l’apprécier. La calligraphie, la belle écriture, autant que l’écriture ou le tracement du beau, c’est ce qui, nous écartant de nous-mêmes, nous accorde la distance nécessaire pour nous étonner de nous-mêmes, nous étonner d’une communauté de sens encore à-venir.

Il nous faut de l’écriture, il nous faut de la beauté, il nous faut ces Écarts calligraphiques, car la présence de l’homme non seulement se nourrit, mais plus encore se mûrit et se constitue en s’écartant d’elle-même, par ce jeu de déviations subtiles par lequel la présence humaine embrasse son devenir. Le sens, c’est l’entame d’un jeu d’écarts.

Il n’y a pas d’orientation de la jeunesse, pas d’orientation de la présence humaine sans la lumière d’un écart. L’orient est cette venue du sens ; ce lieu d’où provient la lumière. L’offrande d’une lumière, c’est de montrer en quoi nous avons à nous écarter de nous-mêmes, comment toujours déjà nous ne cessons de dévier de nous-mêmes.

Les « écarts de conduite », l’homme à côté de ses pompes, c’est celui qui a perdu l’orientation même d’un jeu d’écartements ; il est privé des autres, il n’est plus l’écart de lui-même, il est à côté de lui, frappant les murs, se frappant lui-même comme pour retrouver l’espace d’une propre distance avec lui-même.

Il nous faut de la beauté, de la beauté pour être à l’écart de nous-mêmes ; dans cet écart, nous pourrions puiser le souffle et le courage d’être soi. Ce jeu de distance et de reconnaissance de nous-mêmes est le sens et l’importance des œuvres d’art au sein d’une communauté scolaire. Alors ce qui « demeure scolaire » pourrait retrouver un sens premier, natif : scholè, est le lieu et le temps d’être à loisir, sans avoir à répondre des impératifs de la survie ou du marché, de ce qui fonctionne et de ce qui parfois nous met à l’écart de la vie elle-même.

Il est bon ce temps scolaire, il est beau cet espace scolaire où nous pouvons et où nous devons nous exposer à la libre écoute du sens de la présence, du sens de l’existence, sans avoir à se vendre, sans avoir à calculer son intérêt, sans avoir à répondre aux exigences du quotidien. Le temps scolaire est profondément un temps de liberté et les œuvres de Christian Zimmermann saluent la liberté : elles l’appellent, elles nous appellent au partage du sens et ainsi au dialogue de la liberté.

Par la présence des œuvres et la pratique artistique, nous pouvons retrouver le loisir d’apprendre à interroger la marque singulière de notre existence.

Je souhaite à chacun de trouver dans ces œuvres exposées dans notre établissement la puissance de cet appel, la puissance d’un questionnement ; car, ce que nous partageons tous, élèves, parents, professeurs, nous tous humains, ce que nous partageons tous ensemble, c’est cette disposition à nous écarter de nous-mêmes en retrouvant ainsi peut-être le désir d’une communauté de sens.

Pour grandir et habiter ensemble, pour apprendre à être et exister ensemble, nous avons besoin d’écriture, de geste d’écriture et d’art de l’écartement.

Ces Écarts calligraphiques formulent la beauté d’un appel : grandir dans la puissance des œuvres, inventer sa présence par l’exigence du questionnement, puissions-nous, tous, élèves, parents, professeurs, humains, nous laisser un peu nous écarter et sentir ce grand vent de liberté.

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